Rénovation énergétique avec l’Anah : 91 900 logements aidés en 2024, est-ce le bon moment pour vous lancer ?
18 Septembre 2026

Rénovation énergétique avec l’Anah : 91 900 logements aidés en 2024, est-ce le bon moment pour vous lancer ?

Une récente note du Service des données et études statistiques (SDES) montre que 91 900 logements ont engagé une rénovation d’ampleur avec une aide de l’Anah en 2024, soit une hausse de 28 % en un an, pour 2,4 milliards d’euros de subventions. Si vous êtes propriétaire d’une maison, d’un appartement ou d’un logement en copropriété, cette montée en puissance des aides peut changer concrètement votre projet de travaux et votre futur diagnostic énergétique (DPE, audit énergétique).

Les chiffres sont parlants : 46 800 passoires thermiques ont été rénovées (soit 51 % des logements aidés), avec un montant moyen de travaux de 41 500 euros et un taux moyen de prise en charge par l’Anah de 63 %. Concrètement, cela veut dire que de plus en plus de propriétaires font financer une grande partie de leurs travaux pour améliorer leur DPE et sortir de la catégorie des logements les plus énergivores.

Qui profite aujourd’hui des aides à la rénovation énergétique ?

Les aides analysées concernent les rénovations dites « d’ampleur », c’est-à-dire des travaux importants qui transforment réellement la performance énergétique du logement (et pas seulement un simple changement de fenêtre ou de chaudière isolé).

Les ménages modestes en première ligne

Les ménages modestes concentrent 43 % des opérations via MaPrimeRénov’ Ampleur, alors que les ménages plus aisés ne représentent que 12 % des opérations. MaPrimeRénov’ Ampleur est une version renforcée de MaPrimeRénov’ dédiée aux gros projets de rénovation énergétique (isolation, chauffage, ventilation, etc.).

Pour vous, cela signifie que :

  • Si vos revenus sont modestes, vous faites partie des profils les plus aidés pour des travaux lourds.
  • Si vos revenus sont plus élevés, les aides existent, mais vous êtes aujourd’hui minoritaire parmi les bénéficiaires.

Les copropriétés très concernées

Les copropriétés représentent 42 % des rénovations aidées. Autrement dit, près d’un logement sur deux concerné par ces rénovations importantes se situe dans un immeuble collectif.

En pratique, si vous êtes copropriétaire :

  • Votre immeuble a de réelles chances de pouvoir monter un projet global (isolation de façade, toiture, chauffage collectif) avec des subventions significatives.
  • Les décisions se prennent en assemblée générale, sur la base d’un audit énergétique et d’un plan de travaux.

À l’inverse, le dispositif Loc’Avantages (qui permet de louer moins cher en échange d’un avantage fiscal) ne pèse que 3 % des rénovations aidées. Si vous êtes bailleur, ce n’est donc pas aujourd’hui le principal levier pour financer une rénovation d’ampleur.

Concrètement, comment se passe une rénovation d’ampleur aidée par l’Anah ?

Les chiffres de la note du SDES donnent une idée très concrète de ce à quoi vous attendre si vous vous lancez.

Un projet de travaux important, pas un simple « rafraîchissement »

Le montant moyen des travaux est de 41 500 euros. Cela correspond généralement à un bouquet complet de travaux :

  • Isolation (murs, combles, planchers, toiture, selon les cas).
  • Remplacement du système de chauffage ou de production d’eau chaude.
  • Amélioration de la ventilation.

Ce type de rénovation transforme fortement la performance énergétique du logement, ce qui se retrouve ensuite sur votre DPE et, pour certains biens, dans l’audit énergétique.

Un reste à charge souvent réduit grâce aux aides

Le taux moyen de prise en charge par l’Anah est de 63 %. Cela signifie que, en moyenne, près des deux tiers du coût des travaux sont financés par les aides publiques pour les ménages concernés.

Concrètement, pour un projet à 41 500 euros :

  • Environ 26 000 euros sont pris en charge en moyenne.
  • Le reste à charge moyen tourne autour de 15 500 euros (montant indicatif, qui varie selon vos revenus, le type de travaux, la localisation, etc.).

Dans la vraie vie, cela se traduit par un montage financier où vous combinez aides, éventuel prêt et épargne personnelle, avec un accompagnement administratif pour constituer les dossiers.

Passoire thermique : qu’est-ce que ça change pour votre DPE ?

Sur les 91 900 logements aidés, 46 800 étaient des passoires thermiques, soit 51 % des logements. Parmi les bénéficiaires de MaPrimeRénov’ Ampleur, cette part grimpe à 74 %.

Une passoire thermique est un logement classé F ou G au DPE (Diagnostic de performance énergétique), donc très énergivore. Ces logements sont de plus en plus encadrés, notamment pour la mise en location.

Si votre DPE est en F ou G, ces chiffres montrent que :

  • Vous n’êtes pas seul dans ce cas, et beaucoup de propriétaires ont déjà engagé des travaux importants avec aides.
  • Les dispositifs comme MaPrimeRénov’ Ampleur ciblent en priorité ce type de logement pour les sortir de la catégorie « passoire thermique ».
  • Après travaux, un nouveau DPE vient attester du gain de classe énergétique, ce qui impacte directement la valeur de votre bien et vos possibilités de location.

Points de vigilance avant de vous lancer

Avant de vous engager dans une rénovation d’ampleur, quelques réflexes sont essentiels :

  • Bien identifier la situation de votre logement : faites réaliser un DPE à jour, voire un audit énergétique si votre bien est très énergivore ou si vous visez une rénovation globale.
  • Vérifier votre éligibilité aux aides : les chiffres montrent que les ménages modestes sont particulièrement aidés (43 % des opérations via MaPrimeRénov’ Ampleur), mais les autres profils peuvent aussi bénéficier de subventions, dans une moindre mesure.
  • Anticiper l’impact sur votre quotidien : une rénovation d’ampleur implique des travaux lourds, parfois plusieurs semaines de chantier, avec des pièces partiellement ou totalement inutilisables pendant un temps.
  • Ne pas sous-estimer le coût global : même avec un taux moyen de prise en charge de 63 %, il reste un budget à financer. Il faut l’anticiper dès le départ.

Nos conseils pratiques pour bien vivre votre projet de rénovation

Pour transformer ces chiffres nationaux en un projet concret et supportable au quotidien, quelques conseils simples peuvent faire la différence.

  • Commencez par un diagnostic sérieux : un DPE précis, complété si besoin par un audit énergétique, permet de prioriser les travaux qui auront le plus d’impact sur votre consommation et votre confort.
  • Projetez-vous sur le long terme : un projet moyen à 41 500 euros n’est pas anodin. Regardez l’effet sur vos factures d’énergie, la valeur de revente de votre bien et la facilité à louer, surtout si votre logement est aujourd’hui une passoire thermique.
  • Parlez-en en copropriété : si vous êtes en immeuble, rappelez-vous que 42 % des rénovations aidées concernent des copropriétés. Mettre le sujet à l’ordre du jour en assemblée générale est souvent le premier pas.
  • Faites-vous accompagner : pour monter les dossiers d’aides, planifier les travaux et organiser les diagnostics avant/après, s’appuyer sur des professionnels habitués à ce type de projet vous évite bien des erreurs.

Conclusion

Avec 91 900 logements rénovés d’ampleur en 2024, 2,4 milliards d’euros de subventions distribuées et un taux moyen de prise en charge de 63 %, la rénovation énergétique change d’échelle. Si votre logement est mal classé au DPE, ou si vous êtes copropriétaire dans un immeuble énergivore, le contexte est clairement favorable pour envisager un projet sérieux. En partant d’un diagnostic fiable et en vous informant sur les aides mobilisables, vous pouvez, vous aussi, transformer une passoire thermique en logement confortable et plus valorisé.

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